Comment ça marche : Le Ver de Terre

Comment ça marche : Le Ver de Terre

En fait, il n’existe pas un ver de terre, mais plus de 5.000 espèces aux tailles, aux formes et aux pigmentations différentes. De très nombreuses variétés de lombrics sont d’ailleurs encore peu connues, surtout dans les régions tropicales, malgré le développement de la lombriculture.

Les vers de terre actuels remontent au mésozoïque soit environ 200 millions d’années.
Ils vivaient dans l’eau ?! Eh oui, leurs ancêtres vivaient dans l’eau. Et ils ont fait leur évolution principale au même moment que les plantes à fleurs, il y a environ 100 millions d’années.

Ils sont devenus habitants de la terre à partir de la formation du sol, par l’interaction de la végétation, du climat et des roches primitives. L’évolution des vers a continué avec l’apparition des plantes. Les vers de terre appartiennent à de nombreuses espèces et, dans un milieu donné, on trouve facilement une dizaine d’espèces différentes, tous hermaphrodites.

Mais toutes ces espèces de vers de terre ont au moins un point commun, leur faculté de se nourrir de déchets végétaux plus ou moins décomposés  par des bactéries, des champignons microscopiques et les autres habitants de nos sols.

En fonction de leur mode de vie, de leur taille, de leur habitat, de leur comportement et de leurs ressources alimentaires les vers de terre se répartissent en trois grands groupes :

  • les épigés
  • les endogés
  • les anéciques

Les épigés

De petite taille, ils se nourrissent de la litière déjà bien fragmentée notamment, dans la nature, des résidus de feuilles mortes. Ils vivent parfois très près de la surface du sol. Ce sont que l’on trouve dans notre lombricomposteur.

Ils sont petits et fins, ils mesurent 5 à 10 cm maxi.

Ils vivent à la surface du sol, au niveau de la litière et dans les matières organiques en décomposition. Ce sont des décomposeurs. On les trouvera également dans les excréments des grands herbivores ou dans le bois humide en cours de décomposition.

Ce sont entre autres les vers de compost. Ils sont parfois utilisés de façon industrielle pour produire du «lombricompost» et pour traiter les ordures ménagères (lombricompostage ou vermicompostage, terme utilisé en Belgique et au Canada). Certaines espèces sont élevées pour servir d’appâts pour la pêche.

Peu protégés, ils subissent une forte prédation qu’ils compensent par une fertilité élevée (42 à 106 cocons par adulte et par an). Quand la nourriture est abondante et les conditions climatiques favorables, ils peuvent se multiplier très rapidement. Leurs cocons, qui résistent à la sécheresse, assurent la survie de l’espèce.

Vers épigés issus du lombricomposteurs et utilisés soit dans les bacs de culture d’aquaponie, soit comme nourriture pour les poissons en aquaponie.

Les endogés

De taille moyenne, ils consomment la matière organique dispersée dans la partie minérale du sol, en en ingérant de grandes quantités. Ces vers de terre creusent des galeries horizontales. On ne les voit presque jamais sauf pour ceux qui bêchent encore leur jardin.

Ils sont de taille moyenne.

Ils vivent en permanence dans le sol où ils creusent des galeries horizontales, peu profondes.

Ils se nourrissent de terre mélangée à la matière organique ; ils représentent 20 à 50 % de la biomasse des terres fertiles . Ils ne sont pas pigmentés. Les vers endogés vivent sous terre, ce sont les vers de terre.

Ils ont une fécondité moyenne de 8 à 27 cocons par adulte et par an. En période de sécheresse ils tombent en léthargie (diapause) et on les trouve enroulés sur eux-mêmes. Les vers endogés présentent des modes de vie assez différenciés. Certains sont filiformes et s’installent le long des racines, d’autres forment des pelotes dans les couches profondes du sol, à proximité des drains, et filtrent l’eau dont ils séparent les particules organiques. On en connaît aussi qui sont prédateurs d’autres vers de terre.

Vers endogés repérés dans un marais lors du contrôle de la qualité de la terre.

Les anéciques

De grande taille, ils évoluent dans de profondes galeries verticales afin d’aller en surface ingérer des matières organiques. Ils sont à l’origine de la plus grande quantité de turricules.

Ce sont eux que l’on trouve lorsqu’on retourne la terre du jardin. S’il n’y a pas de vers de terre dans votre jardin ce n’est pas bon signe … Mais ne bêchez pas pour en chercher. D’autres signes vous permettrons de reconnaitre leur présence.

Ils vivent dans des galeries verticales et viennent «faire leurs provisions» à la surface du sol tout en restant prudemment accrochés par la queue à l’entrée de leur terrier. Les feuilles et les débris organiques qu’ils peuvent entraîner dans leurs galeries sont ingurgités avec de la terre. Les excréments sont déposés à la surface du sol sous forme de tortillons appelés aussi turricules.

Des trois groupes ce sont eux qui ont la fécondité la plus réduite, soit de 3 à 13 cocons par adulte et par an.

En Europe tempérée les vers anéciques représentent 80 % de la masse totale des lombrics. En période estivale ils tombent en léthargie. Le plus grand vers anécique de la faune française dépasse 1 mètre de long.

Vers anéciques récupérés après une récolte de mâche sauvage le long d’un chemin. En marchant sur le sol, ils sont sortis, croyant qu’ils pleuvait … Je les ai récupéré et mis dans mon jardin.

Turricules de Vers de Terre sur le bord d’un chemin (à ramasser pour mettre dans vos plantations en pot).

Composition minérale des Turricules

Les « déjections » des Vers de Terre s’appellent des Turricules.

Grâce au parcours des VdT dans le sol et de leurs actions aux côtés des autres acteurs du sol (pédofaune, bactéries, champignons), les turricules sont un « concerté de minéraux ».

Les turricules rejetés par les vers de terre contiennent davantage d’humus et de sels minéraux que la terre environnante : entre 1,4 fois plus pour le Calcium (Ca) à 11 fois plus pour le Potassium (K).

La forte activité bactérienne qui règne dans les turricules rend ces éléments très disponibles pour les plantes, qui s’y approvisionnent en priorité. Les innombrables vers de terre, laboureurs infatigables, travaillent la terre bien mieux que n’importe quelle bêche ou motoculteur. Ils creusent des galeries et des cavités dans le sol, remuent la terre, rejettent leurs déjections, sous forme de turricules de structure grumeleuse, à la surface du sol et surtout dans des cavités et dans leurs galeries (de 9 à 80 kg rejetés par m2 et par an , selon la richesse du sol en lombrics ).

 


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